LECTURES, RELECTURES ET Découvertes

N°1 Automne 2000

 
Frontières...

 

 

•Adam KUPER, L'anthropologie britannique au XX°siècle, Paris, Karthala, 2000, 273 p.

La traduction bienvenue du déjà classique Anthropology and Anthropologists : The Modern British School, paru en 1996. Un livre référence pour tous ceux, enseignants et étudiants, qui désirent mieux connaître et mieux comprendre ce que fut, de Malinowski à aujourd'hui, l'anthropologie britannique. Un souhait pour finir : à quand la traduction d'un autre ouvrage du même auteur : The Invention of Primitive Society ? (P. P.)

 

•Paul OTTINO, Les champs de l'ancestralité à Madagascar, Paris, Karthala, 1998, 684 p.

Un grand livre dans tous les sens du terme : 684 pages où se mêlent précision ethnographique et réflexion théorique. Un ouvrage qui doit être lu par les ethnologues qui s'intéressent à Madagascar mais aussi par tous ceux qui sont concernés - de près ou de loin - par l'anthropologie de la parenté. Une référence : le long et élogieux compte rendu de G. Augustins dans la revue L'Homme n°154-155 (avril-septembre 2000). (P. P.)

 

•Christian MAROUBY, Utopie et primitivisme. Essai sur l'imaginaire anthropologique à l'âge classique, Paris, Des Travaux/Seuil, 1990, 217 p.

Une réflexion particulièrement stimulante pour qui veut mieux comprendre comment l'Occident de l'âge classique a appréhendé et pensé « l'autre sauvage » et comment, dans ce contexte, s'opposent radicalement utopie et primitivisme. (P. P.)

 

•Dominique CASAJUS, Gens de parole. Langage, poésie et politique en pays touareg, Paris, La Découverte, 2000, 190 p.

Un beau livre d'ethnologie, ce n'est pas si courant. Les Touaregs certes, mais au delà une réflexion sur la manière dont on peut tenter, au plus près, de traduire la parole de l'autre. Fin de l'introduction : « Aucun livre ne saurait prétendre dévoiler la vérité dernière sur une société, mais quelques livres parviennent à trouver les mots justes pour dire ce que les hommes vivent, et tout ethnologue doit se donner pour tâche de trouver ces mots-là ». Pari amplement réussi ! (P. P.)

 

•Jacques BOUVERESSE, Prodiges et vertiges de l'analogie. De l'abus des belles-lettres dans la pensée, Paris, Raisons d'agir, 1999, 159 p.

A partir de la controverse qui a entouré l’affaire Sokal et Bricmont, Bouveresse plaide pour la rigueur, la critique et l'intelligibilité afin de soustraire la pensée au piège d'une expression qui préfère séduire que convaincre. Un petit livre salutaire destiné à tous ceux qui croient aux vertus du raisonnement et du jugement. (M.-O. G.)

 

•Les voix du monde. Une anthologie des expressions vocales. C.N.R.S./Musée de l'Homme, Le Chant du Monde CMX 374 1010.12, 1996, coffret de 3 C.D.

La parution de ce coffret de disques a été largement applaudie dans les milieux de la musique, sans doute plus que dans celui de l'ethnologie. C'est un peu regrettable, mais assez justifié dans le fond : l'intérêt de ces documents ethnomusicologiques est incontestablement musical et esthétique, peut-être plus encore qu'ethnologique. Par delà leur valeur de témoignage sur telle ou telle société lointaine, ils bouleversent notre manière de penser la musique, et nous mettent en totale rupture avec nos habituels repères d'expression vocale. Il s'agit là d'une expérience rare, et l'incontestable beauté de certaines pièces le dispute sans cesse à l'émotion d'être projeté dans un univers sonore si étrange, si déconcertant : le C.D. intitulé « Techniques » restitue des appels, cris et clameurs, des jeux de voix et de souffle, des pièces parlées, déclamées ou chantées, différents registres vocaux ou tessitures, est à ce titre exemplaire. Signalons la grande qualité du livret qui accompagne ce coffret, avec des notices descriptives par enregistrement, mais surtout des textes généraux dus à Gilles Léothaud, Bernard Lortat-Jacob et Hugo Zemp, particulièrement clairs et rigoureux. (M.-O. G.)